Burundi : MSF augmente la distribution d’eau dans le camp de Busuma

MSF augmente la distribution d'eau dans le camp de Busuma
La source d'eau a été découverte à environ 5 km du camp de Busuma. Les équipes de MSF ont creusé des tranchées pour installer des canalisations qui achemineront l'eau jusqu'à Busuma. © Dorine Niyungeko/MSF

Depuis décembre 2025 et l’intensification des combats en RDC entre l’armée et le mouvement rebelle M23, un afflux de réfugiés congolais fuyant les violences est arrivé dans le camp de Busuma, à l’est du Burundi. Plus de 66 000 personnes y vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires, l’accès aux besoins essentiels comme l’eau et l’assainissement y étant notamment très restreint. Grâce à une initiative des équipes MSF sur une source d’eau à 5 km du camp, l’eau y est désormais disponible. Carolina Lopez Led, coordinatrices des urgences à MSF, revient sur ces travaux et leur impact positif pour les communautés.

Quelle était la situation à Busuma quand MSF s’est engagée dans l’approvisionnement en eau ? 

Nos équipes MSF sont arrivées dans le camp de Busuma le 16 décembre 2025. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait déjà des cas de choléra, maladie qui se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés et lorsque les mesures d’hygiène ne sont pas respectées.  Nous avons dans un premier temps soutenu le ministère de la santé au sein du centre de traitement du choléra puis nous avons commencé à distribuer de l’eau aux habitants avec des camions-citernes à différents endroits du camp en attendant l’aménagement de la source d’eau trouvée à environ 5km du camp. 

 

Comment se sont déroulés les travaux de captage d’eau de source ? Quels étaient les objectifs de MSF ? 

La distribution de l’eau par des camions-citernes est compliquée d’un point de vue logistique, et très coûteuse. C’était une solution temporaire, et nous avions besoin d’une réponse à plus long terme. Avec les autorités sanitaires locales, nous avons repéré une source d’eau à 5km du camp, nous l’avons visitée et après analyse, nous avons vu qu'il était possible de l’aménager. Il s’agit toutefois, d’un endroit difficilement accessible, sans possibilité d’utiliser des engins de construction, en raison du manque d’électricité. Une canalisation a été faite en creusant et en écrasant les roches pour installer les tuyaux qui acheminent l’eau de source vers le camp de Busuma. Les travaux ont été réalisés sans électricité depuis la colline jusqu’au camp. L’eau coule à présent en continu et des centres de traitement ont été construits avec trois réservoirs qui stockent autour de 90 000 litres au total.  

 

Comment MSF collabore-t-elle avec les acteurs et autorités locales ?  

L’eau est un besoin vital et nous devons faire le maximum pour arriver à distribuer la quantité nécessaire pour couvrir les besoins de base. Nous organisons régulièrement des réunions avec le comité local de l’eau et de l’assainissement.  

Le principal défi reste toutefois lié au manque de financements. Avec plus de financements et de mobilisations, les acteurs humanitaires pourraient raccorder les tuyaux aux réservoirs afin d’augmenter le nombre de robinets dans différents endroits du camp. Avec cet aménagement, nous pourrions distribuer 5 à 7 litres d’eau par jour et par personne, ce qui se rapproche des quantités minimums pour couvrir les besoins humains de base, mais reste en-dessous des quantités recommandées par MSF.  

Il est impératif aujourd’hui de mettre en place des réservoirs supplémentaires pour augmenter la capacité de stockage et faciliter la distribution dans différents réseaux du camp. Cela passera par une mobilisation de tous les acteurs. 

Notes

    À lire aussi